Réformes (au pluriel) : fusion d'établissements, de corps, de fonctions publiques (territoriales + état, techniciens + administratifs), n'est ce pas faire du neuf avec du vieux ?' Le « gigotage » stérile consisterait à faire des réformes pour les réformes.
Pour la CFDT, il n’y a pas de rejet a priori de tout changement. Mais, à nos yeux, la réforme doit être justifiée (améliorer le service au public, améliorer les possibilités de mobilité pour les agents, mieux articuler les services entre eux, ou même gagner en efficacité), la réforme doit être anticipée (et le cadre doit trouver toute sa place dans cette anticipation : préparation ne peut se confondre avec précipitation), et enfin, la réforme doit être comprise (et, pour cela, le dialogue social est essentiel).
Le lean management (faire mieux avec les mêmes moyens) n'était pas une mauvaise idée; le problème n'est il pas que l'on a détourné ce concept par un nouvel et impossible impératif : faire mieux avec moins ?
On pourrait même dire que c’est d’abord « faire avec moins » puisque c’est la première consigne. Je parlerai plus volontiers de la Lean administration. Recommandée par les consultants qui peuplent la Direction Générale de la Modernisation de l’Etat, (DGME), elle doit permettre de travailler à flux tendus, de supprimer les temps morts, de réorganiser le travail avec le même nombre de personnes. L’adéquation est simple : plus de travail dans le même temps avec le même effectif et réduction des délais Mais situation idyllique qui fait abstraction des diminutions de moyens humains et financiers. Présentée comme le nouveau levier du changement, la Lean administration viendra se plaquer sur des services réorganisés par la RGPP et produira probablement de la souffrance au travail.
Comment concilier le sens de l'intérêt général et les décisions prises in fine trop souvent éloignées de l'intérêt et de l'éthique personnelle des cadres ?
Plus concrètement les cadres ont-ils réellement les moyens de résister voire de dire non lorsqu'ils l'estiment nécessaire ?
Seuls, probablement pas ! et c’est là tout l’intérêt du syndicalisme : faire une analyse collective des situations et ensemble décider lorsque la situation l’exige de faire valoir son droit de retrait. Francois Chérèque a répondu lors de la table ronde en parlant de désobéissance civile et de primauté de l’action collective. Jean-Paul Bouchet le 5 avril a précisé que le cadre n’est pas un héros à lui tout seul et qu’il ne doit pas tout assumer
Ne nous dirigeons-nous pas vers un mode de fonctionnement où la procédure administrative devient la fin en soi et non plus un moyen de remplir les missions de service public ?
Une utilisation sans discernement des nouvelles technologies couplée à une imitation sans réserves de certaines méthodes de l’entreprise privée conduit effectivement à définir pour tout des procédures qui ne tiennent plus compte de l’objectif final ou du « client final ».
Les autres syndicats ont-ils procédé à un bilan semblable à celui qui nous a été présenté ? Si oui quels résultats ?
A notre connaissance, cette enquête syndicale est une première par contre ses résultats confirment les réponses à des questions posées aux cadres des fonctions publiques récemment par différents instituts de sondage.
Dans l'enquête y a-t-il des différences notables entre les trois fonctions publiques et lesquelles ?
Oui pour presque toutes les questions. Celles-ci figurent dans la plaquette remise le vendredi 25 mars soit sous forme de graphique, soit dans la présentation des trois fonctions publiques.
Comment ne pas se laisser aliéner par les termes (performances, mérite...) de l'idéologie dominante?
Les termes en eux-mêmes ne portent pas d’aliénation même si leur utilisation dans les entreprises privées est souvent liée aux logiques financières d’où les dérives idéologiques qu’ils représentent. La CFDT souhaite mettre en avant la reconnaissance collective de la qualité du travail fourni plutôt que les aspects performance individuelle.
Aujourd’hui la question posée et à laquelle il faut répondre est : est-ce que les objectifs ont été atteints ? Est-ce qu'il ne faudrait pas mettre des indicateurs conditions de vie au travail en face des indicateurs de production et de moyens pour répondre à la question posée par le travail : 1/ Est-ce que les objectifs sont atteints ? 2/ avec quels moyens ? 3/ dans quelles conditions ?
La CFDT soutient la définition collective d’indicateurs qui prennent en compte toutes les dimensions du travail (résultats et efficacité du service mais aussi respect des critères sociaux et environnementaux) pour mesurer la réussite des objectifs à atteindre.
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mise à jour 12 avril 2011

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